Francias

TRAVAILLONS ENSEMBLE POUR FAIRE DE LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA LANGUE MATERNELLE UN JOUR FERIE RECONNU AU CANADA

Ceux d’entre nous qui vivent au Canada sont au courant que presque chaque mois de l’année contient un ou deux jours fériés. Seulement février n’en a pas. Plusieurs personnes ont mentionné que l’idée d’avoir un jour férié en février serait une bonne chose pour maintenir l’équilibre entre le travail et le loisir. Dans un rapport statistique publié en mars 2002,il est écrit que les Canadiens deviennent de plus en plus esclaves de leur travail, jour après jour. Les gens sont de plus en plus dépendants du boulot, comme un alcoolique avec sa toxine. Pour remédier a cela, il a été suggéré de déclarer un jour férié en février pour souligner “la journée du Premier ministre” o on ferait mention des premiers ministres qui se sont distingués dans le passé. Ou bien, pourquoi ne pas avoir une journée du drapeau canadien? J’affirme ceci: pourquoi pas une” journée internationale de la langue maternelle” désignée ainsi par les Nations-Unies? Bien peu de gens savent que l’UNESCO a désigné un jour spécial de l’année comme étant “la journée internationale de la langue maternelle” et que l’organisation a l’origine de cette idée est canadienne. Le club “Lovers of International Mother Language” en Colombie Britannique a soumis une proposition au Secrétaire Général de l’ONU, suggérant que le 21 février soit déclaré la journée internationale de la langue maternelle. Cette proposition a reçu le support et l’acclamation des délégués de toutes les nations. En Session Plénière de la Conférence Générale de l’Unesco, tenue à Paris en novembre 1999, cette proposition fut ratifiée par les votes unanimes de 188 pays incluant le Canada. Depuis ce temps, la Langue Maternelle profite d’une inspiration internationale.

Une journée spéciale dorénavant reconnue dans le monde fut une proposition en provenance du Canada et nous devrions en être très fier. La journée internationale de la langue maternelle vise à promouvoir la diversité linguistique, l’éducation en plusieurs langues, de même que l’information sur les traditions linguistiques et culturelles basées sur la compréhension, la tolérance et le dialogue. L’Atlas des langues du monde en danger de disparaître mentionne que parmi les 121 langues indigènes au Canada, seulement 6 sont complètement fonctionelles et 10 ont disparu. De toutes les langues Amérindiennes du Canada, 104 langues sont menacées à des degrés variés, de ce nombre 19 sont moribondes et 28 sont sérieusement en danger de disparition. Comme on le sait, lorsque des espèces animales sont en voie d’extinction, les amis des animaux manifestent leur intention de les protéger. De la même manière, les activistes de Greenpeace se sont engagés a protéger la nature. Qui est censé protéger les langues qui existent au Canada? Nous avons déjà perdu la moitié des langues maternelles du monde et le Canada n’est pas exempt de ce processus. La disparition de n’importe quelle de ces langues est une perte inestimable pour le patrimoine mondial. J’ose espérer que tous les Canadiens puissent aider cette initiative en créant une prise de conscience autour de l’importance de protéger nos multiples langues maternelles au Canada. En faisant ainsi, j’encourage votre appui pour désigner une journée fériée qui s’appelle la Journée de la langue maternelle et qui serait observée le 21 février. Cette prise de conscience serait atteinte durant cette journée.

Il y a peu de liens dans le monde qui peuvent surpasser ceux tissés entre une mère et ses enfants. Le nom d’un refuge impénétrable s’appelle une mère. Il n y a pas de comparaison entre une coulée de larmes et une pluie torrentielle: rien ne s’y compare. Il n y a pas non plus de comparaison entre une luciole et une étoile. Une mère est comme une étoile ou une pluie torrentielle: rien ne s’y compare. Une mère ne se contente pas de porter un enfant en elle, elle le nourrit de son propre corps. Une mère subvient aussi aux besoins et aux curiosités de son enfant. Une mère regarde autour d’elle et montre à son enfant les arbres, les rivières, la lune, le soleil, les étoiles etc. Une mère fait tout son possible pour montrer tout cela au nouveau-né dans un langage qui lui est propre. Très captivé par la voix de sa mère, le nouveau-ne lui dit: Maman, tes mots rejoignent mes oreilles comme un nectar sucré. Puis, l’enfant continue de croître et a un certain moment quitte sa mère pour entrer dans son monde a lui. Ses préoccupations deviennent tellement importantes qu’il n’a plus de temps a consacrer à sa mère. Il rembourse sa dette en lui envoyant des lettres ou des cartes de souhaits. “Je vais bien, j’espère que tu vas bien et prends soin de ta santé” Sa mère, cependant, voudrait bien savoir si son enfant se souvient du temps de son enfance, des beaux jours ou il dormait suspendu à son cou. Ses souvenirs de berceuses et de chansons évoquent un peu de tristesse. Elle dit que ses chansons et comptines s’effacent de sa mémoire peu a peu. La langue que Maman a utilisé pour montrer à son enfant les arbres, les rivières, la lune etc. disparaît lentement. Je suis une femme du Brésil, alors pourquoi personne ne reconnaît la valeur de ma langue? Une autre femme dirait quelle est Innu et quelle chantait des berceuces a son enfant quelle portait. Est-ce que mon enfant a oublié sa langue maternelle? Toutes les mères parlent à l’unison: . Je suis italienne, grecque, coréenne, punjabi, vietnamienne, chinoise, française, portugaise, bengali ou autre. Imaginez si Martin Luther King avait livré son discours simplement avec des gestes de la main, sans paroles. S’il n’avait pas un language qui sortait de sa bouche, aurions-nous aussi compris qu’il avait un rêve? N’est-il pas vrai que si des paroles sont prononcées dans notre langue maternelle, nous nous mettons à rêver? Il peut sembler incroyable que parmi six mille langues, seulement quelques langues maternelles ont survécu. Est-ce que cette société civilisée dans laquelle nous vivons doit son existence a sa langue maternelle? La langue dans laquelle quelqu’un devient familier avec le monde, la première langue qu’une personne apprend, cette langue peut s’éteindre si on n’y fait pas attention. Pourtant nous gardons le silence. Nous pouvions faire quelque chose lorsque nous avions le temps, mais nous n’avons rien fait. Le Canada est un des pays les plus tolérants envers d’autres langues et cultures.. Il a été rapporte qu’a Toronto seulement, des immigrants de 169 pays sont présents. Parmi les pays avec le plus grand nombre d’immigrants a Toronto, on retrouve la Chine, les Indes, les Philippines, le Pakistan, Hong- Kong, Taiwan, la Corée, la Russie, etc. Naturellement, chacun de ces pays et ses nouveaux arrivants au Canada ont une langue maternelle différente. N’oublions pas non plus le nombre incalculable d’enfants pas encore nés. Est-ce que la langue que montrera une mère a son enfant est une prérogative inhérente? Enlevons les obstacles possibles. N’empêchons pas les enfants d’aujourd’hui et de demain le droit a leur langue maternelle. Même si dans un milieu familial, plusieurs personnes s’engagent à préserver une langue qui leur est propre, l’inévitabilité d’une journée reconnaissant cette langue doit se faire prochainement. Des journées comme la fête du travail, la journée de la femme ou la journée du SIDA ont toutes leurs caractéristiques propres. Ces jours spéciaux ont une certaine dignité qui les distingue. Au meilleur de mes capacités, j’ai fait mes soumissions au Premier ministre du Canada, son ministre responsable du Patrimoine et divers membres des Communes incluant les leaders de l’opposition. J’ai aussi reçu plusieurs appuis de gens ordinaires. Si vous étés d’accord avec cette idée de déclarer le 21 février un jour férié au Canada, je vous demanderais donc de discuter du sujet avec le député de votre région, avec les politiciens, les gens d’affaires, les personnalités en vue dans votre communauté aussi et surtout vos voisins et amis. Nous aimons tant notre mère, sans laquelle nous n’aurions pas reçu d’héritage culturel. Est-ce si difficile pour nous d’exercer nos efforts vers l’octroi d’une journée dédiée a l’héritage qui provient de notre mère et de sa langue? Parlez et montrez vos efforts en faveur de cette juste cause. Je crois fermement qu’avec notre coopération mutuelle un bill peut être mis de l’avant dans la Chambre des Communes qui reconnaîtrait la journée internationale de la langue maternelle en tant que jour férié au Canada.

Traduit par Pierre Paradis